Accueil > Conseils & Actus > Réfection de toiture en copropriété : qui paie quoi ?

Réfection de toiture en copropriété : qui paie quoi ?

Une infiltration apparaît au dernier étage, le syndic annonce une réfection de toiture, et les questions arrivent toutes en même temps. Qui décide ? Qui paie ? Le copropriétaire du dessous est-il concerné au même titre que celui du dernier niveau ? Et que se passe-t-il si le chantier tombe pendant une vente ?

Chez Jean Couverture Côte d’Azur, nous travaillons régulièrement avec des syndics et des conseils syndicaux sur des immeubles d’Antibes, Nice, Le Cannet et Vence, dont beaucoup datent des années 1960 à 1980 et arrivent aujourd’hui en fin de cycle. Voici le cadre applicable, et les points qui posent le plus souvent problème.

La toiture est-elle une partie commune ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. La loi du 10 juillet 1965 range le gros œuvre et les éléments de couverture parmi les parties communes, sauf mention contraire dans le règlement de copropriété.

La conséquence est directe : la réfection relève du syndicat des copropriétaires, pas du propriétaire du dernier étage, même s’il est le seul à subir les infiltrations.

Le règlement de copropriété reste le document de référence. Consultez-le avant toute démarche, certaines rédactions anciennes comportent des clauses particulières.

Le cas du toit-terrasse à usage privatif

Fréquent sur le littoral, il génère la plupart des litiges. La règle habituelle distingue deux niveaux :

  • le gros œuvre et l’étanchéité restent des parties communes, à la charge du syndicat
  • l’entretien courant du revêtement et le maintien de la propreté des évacuations incombent au copropriétaire qui en a la jouissance

Un droit de jouissance exclusive ne transfère donc pas la propriété. Il n’oblige pas non plus à financer seul une reprise d’étanchéité, contrairement à ce qui est souvent avancé.

Le cas des fenêtres de toit

Une fenêtre de toit desservant un seul lot est le plus souvent traitée comme une partie privative. Mais son raccordement à la couverture, l’abergement, touche à une partie commune. En pratique, la frontière se lit dans le règlement de copropriété, et une reprise coordonnée avec la couverture évite les discussions ultérieures.

Comment le coût se répartit-il entre copropriétaires ?

La toiture relève des charges générales. Le coût se répartit donc entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes, tels qu’ils figurent dans le règlement.

Trois conséquences que les copropriétaires découvrent souvent au moment de l’appel de fonds :

  • un propriétaire de rez-de-chaussée participe intégralement, même s’il ne subit aucune infiltration
  • un propriétaire du dernier étage ne paie pas davantage que les autres à tantièmes égaux
  • la répartition ne se négocie pas en assemblée générale, elle découle du règlement de copropriété

Seuls des immeubles comportant plusieurs bâtiments distincts peuvent prévoir des clés de répartition par bâtiment. Là encore, tout dépend de la rédaction du règlement.

Quelle majorité pour voter les travaux ?

Réfection à l’identique : majorité simple

Les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble relèvent de l’article 24 de la loi de 1965, c’est-à-dire de la majorité des voix exprimées par les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Les abstentions ne comptent pas.

Une réfection de couverture, une reprise d’étanchéité ou un remplacement de gouttières entrent dans cette catégorie. C’est la majorité la plus accessible.

Amélioration ou isolation : majorité absolue

Dès que le projet dépasse la remise en état, la majorité se durcit. Un changement de matériau de couverture ou l’ajout d’une isolation de toiture relève de l’article 25, soit la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non.

Un mécanisme utile existe toutefois : si le projet recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, un second vote peut avoir lieu immédiatement à la majorité simple. Beaucoup de projets d’isolation passent par cette voie.

En pratique, coupler la réfection et l’isolation dans une même résolution complique le vote. Deux résolutions distinctes sécurisent au moins la partie indispensable.

Comment financer les travaux ?

Trois sources se combinent généralement.

Le fonds de travaux. Il est obligatoire pour les immeubles achevés depuis plus de cinq ans. Sa cotisation annuelle ne peut être inférieure à 5 % du budget prévisionnel, ni à 2,5 % du montant des travaux inscrits au plan pluriannuel. Les sommes sont attachées au lot : un vendeur ne les récupère pas.

Les appels de fonds exceptionnels. Ils suivent l’échéancier voté en assemblée. Étaler les appels sur plusieurs trimestres facilite le vote quand le montant est élevé.

Les aides. MaPrimeRénov’ Copropriété peut financer une part des travaux lorsqu’ils améliorent la performance énergétique de l’immeuble, ce qui suppose d’intégrer un volet isolation. Un éco-prêt collectif est également mobilisable. Ces dispositifs exigent le recours à des entreprises qualifiées et un dossier constitué en amont du vote.

Le cas des travaux urgents

Une infiltration active n’attend pas la prochaine assemblée générale. Le syndic dispose du pouvoir de faire réaliser de sa propre initiative les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble.

Il doit alors informer les copropriétaires et convoquer une assemblée pour faire ratifier la dépense. Une provision peut être demandée après avis du conseil syndical.

Cette procédure couvre la mise hors d’eau et les mesures conservatoires, pas une réfection complète. Concrètement, le bâchage d’urgence est possible sans vote, la réfection de la couverture ne l’est pas. Nous détaillons ces mesures conservatoires dans notre article sur les fuites de toiture après un épisode méditerranéen.

Vente en cours : qui paie ?

C’est la question qui revient le plus souvent chez les notaires. Le principe : la charge incombe au copropriétaire propriétaire du lot à la date d’exigibilité de chaque appel de fonds, et non à celui qui a voté les travaux.

Un vendeur qui a approuvé la réfection en assemblée peut donc ne rien payer si les appels tombent après la vente. Les parties restent libres de convenir d’une autre répartition dans l’acte, ce qui se négocie couramment.

L’acquéreur, lui, a tout intérêt à consulter les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales avant de signer.

Des dégâts dans votre lot causés par la toiture

Si une infiltration issue d’une partie commune endommage votre appartement, le syndicat des copropriétaires est responsable des dommages causés par le défaut d’entretien ou le vice de construction des parties communes.

La marche à suivre :

  • déclarez le sinistre au syndic sans attendre, par écrit et avec photos datées
  • déclarez-le en parallèle à votre propre assureur pour les dommages subis à l’intérieur du lot
  • conservez toutes les traces de vos signalements antérieurs, ils établissent l’ancienneté du problème

Ce dernier point est décisif. Une infiltration signalée par écrit à plusieurs reprises et restée sans suite change la nature du dossier.

Anticiper plutôt que subir

Les copropriétés d’habitation de plus de quinze ans doivent désormais faire établir un projet de plan pluriannuel de travaux, déployé progressivement selon la taille de l’immeuble. Ce document identifie les travaux à prévoir sur dix ans et les chiffre.

Il a un mérite : il transforme une dépense subie en dépense provisionnée. Une toiture identifiée comme critique dans le plan permet d’alimenter le fonds de travaux en amont, plutôt que d’appeler la totalité en urgence.

Un entretien régulier de la couverture joue le même rôle. Sur le littoral, où le sel accélère la corrosion des fixations et de la zinguerie, les intervalles recommandés sont plus courts qu’à l’intérieur des terres, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’entretien de toiture en bord de mer.

Réfection de toiture en copropriété dans les Alpes-Maritimes et le Var

Jean Couverture Côte d’Azur intervient auprès des syndics et des conseils syndicaux à Antibes, Nice, Le Cannet, Vence et sur l’ensemble du 06 et du 83, pour la rénovation de toiture, la reprise d’étanchéité et les travaux de zinguerie sur immeubles collectifs.

Nous établissons des devis détaillés par poste, présentables en assemblée générale, accompagnés d’un état des lieux photographique. Cette précision facilite le vote : un conseil syndical défend plus facilement un projet dont chaque ligne est justifiée.

Vous pouvez consulter nos réalisations pour voir des chantiers comparables.

Demander un devis pour la toiture de notre copropriété dans le 06 ou le 83


FAQ – Questions fréquentes sur la réfection de toiture en copropriété

  • Oui dans la quasi-totalité des cas. La loi du 10 juillet 1965 range le gros œuvre et les éléments de couverture parmi les parties communes, sauf mention contraire du règlement de copropriété. La réfection relève donc du syndicat des copropriétaires, pas du propriétaire du dernier étage.
  • Non. La toiture relève des charges générales, réparties entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes. Un propriétaire de rez-de-chaussée participe intégralement, et un propriétaire du dernier étage ne paie pas davantage à tantièmes égaux.
  • Une réfection à l’identique relève de l’article 24, soit la majorité des voix exprimées par les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Un changement de matériau ou l’ajout d’une isolation relève de l’article 25, plus exigeant.
  • Le gros œuvre et l’étanchéité demeurent des parties communes à la charge du syndicat. Seul l’entretien courant du revêtement et la propreté des évacuations incombent au copropriétaire qui en a la jouissance. Un droit de jouissance exclusive ne transfère pas la propriété.
  • Uniquement pour les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Il doit alors informer les copropriétaires et convoquer une assemblée pour faire ratifier la dépense. Cette procédure couvre la mise hors d’eau et les mesures conservatoires, pas une réfection complète.
  • La charge incombe au propriétaire du lot à la date d’exigibilité de chaque appel de fonds, et non à celui qui a voté les travaux. Un vendeur peut donc ne rien payer si les appels tombent après la vente. Les parties restent libres de convenir d’une autre répartition dans l’acte.
  • Le syndicat des copropriétaires est responsable des dommages causés par le défaut d’entretien ou le vice de construction des parties communes. Déclarez le sinistre par écrit au syndic avec photos datées, ainsi qu’à votre propre assureur, et conservez la trace de tous vos signalements antérieurs.
  • MaPrimeRénov’ Copropriété peut financer une part des travaux lorsqu’ils améliorent la performance énergétique de l’immeuble, ce qui suppose d’intégrer un volet isolation. Un éco-prêt collectif est également mobilisable. Ces dispositifs exigent des entreprises qualifiées et un dossier constitué avant le vote.


URGENCE 7J/7

Besoin d'un couvreur rapidement ?

Diagnostic, réparation, rénovation ou urgence toiture dans les Alpes-Maritimes et le Var.

Une toiture à réparer ou un projet à chiffrer ?

Décrivez votre besoin en quelques mots. Nous vous recontactons rapidement pour évaluer votre toiture et vous proposer une solution adaptée dans les Alpes-Maritimes et le Var.

Besoin de conseils ? Demandez un rappel !

Expliquez-nous rapidement votre besoin, nous vous rappelons dans les plus brefs délais pour vous conseiller et vous proposer une solution adaptée à votre toiture.